En 2009, pour sa première apparition sur une édition du salon RTS Embedded Systems, IS2T, à l'origine éditeur de machines virtuelles Java référencées MicroJVM et dotées d’une empreinte mémoire très réduite (de 30 à 60 Ko), avait marqué les esprits. C'est à cette occasion que la société avait lancé officiellement en France un environnement de développement complet sur PC basé sur Eclipse, grâce auquel il est possible de développer, mettre au point et analyser un applicatif Java comme s’il s’exécutait effectivement sur une MicroJVM implantée dans un système enfoui. Une fois qualifié sur le PC en amont, l’applicatif peut alors être chargé sur la cible sans aucune modification, recompilation ou nouveau processus de qualification.
« Levier technologique qui sépare les cycles de développement hard et soft, notre approche Java permet aux concepteurs de systèmes enfouis de capitaliser sur leurs logiciels et d’accéder à une maintenance en conditions opérationnelles à long terme, explique Régis Latawiec, directeur des ventes d’IS2T. Par ce biais, les sociétés s’éloignent d’un cycle de développement traditionnel en V pour entrer dans un cycle de développement agile, peu acceptable jusqu’ici dans l’embarqué ». Avantages avancés par IS2T : la possibilité de modifier l’architecture logicielle en cours de développement, une division par cinq des coûts de mise au point et de maintenance, une adaptation aisée du logiciel sans impact sur le temps de mise sur le marché, etc.
Depuis le printemps 2009, la firme nantaise n’a pas chômé. Certes, IS2T n’a pas, en un an, véritablement élargi la gamme de cartes d’évaluation supportées en standard par sa technologie (le support des architectures ARM9 et V850 devrait néanmoins s’ajouter prochainement à celui des cœurs ARM7 et du microcontrôleur AVR32). Mais la société a considérablement étoffé l’offre d’outils associés à ses plates-formes Java. IS2T s’est ainsi associé à Stantum afin de rendre accessible aux fabricants d’équipements embarqués contraints la technologie d’interface utilisateur à touchés multiples du Bordelais. L’éditeur a également signé un accord de partenariat avec Green Hills afin de proposer une solution Java adaptée aux contraintes temps réel dures et basée sur l’OS Integrity de l’Américain.
Plus intéressant encore, IS2T a développé en collaboration avec l’opérateur Orange une plate-forme de services Java OSGi (Open Services Gateway initiative) spécifiquement adaptée aux environnements où les ressources sont très limitées et où le logiciel ne doit en aucun cas provoquer une panne de l’équipement (compteurs d’énergie communicants, produits domotiques, etc.). OSGi est une technologie d’infrastructure Java orientée services qui autorise et simplifie l’extension, la personnalisation et la mise à jour dynamique à distance des fonctionnalités d’un ordinateur ou d’un système embarqué connecté en réseau. Alors qu’une configuration OSGi standard affiche une empreinte mémoire d’au minimum 100 Ko, celle élaborée par IS2T et Orange se satisfait de seulement 25 Ko.
Les deux partenaires ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils vont proposer à l’alliance OSGi un profil dénommé OSGi ME (Micro Edition) afin que l’organisme l’adopte en tant que spécification officielle. OSGi ME répond à certaines contraintes propres aux secteurs de l’embarqué (robustesse, empreinte mémoire faible, impact limité sur la facture matérielle, etc.) tout en assurant une compatibilité avec les logiciels OSGi haut de gamme.
Fondée en 2005 à Nantes, la société IS2T compte aujourd'hui une vingtaine de collaborateurs.
L'article sur : vipress.europelectronics.net
















